La crise viticole pèse aussi sur les entreprises qui fournissent les plants de vigne. Dans un compte rendu de congrès, Vitisphere rapporte l’appel de pépiniéristes à relever leurs prix pour préserver leur activité. Au cœur de leur message : la crainte de perdre des clients ne doit plus empêcher de prendre en compte les difficultés financières des exploitations.
Un appel à mieux rémunérer les plants de vigne
Lors du congrès de la Fédération française de la pépinière viticole (FFPV), à Vogüé, en Ardèche, Fanny Clément a défendu une augmentation du prix des plants au nom des jeunes de sa commission. Cette pépiniériste, qui a quitté son métier d’ingénieure en logistique pour rejoindre l’exploitation familiale à Piolenc, dans le Vaucluse, a placé la pérennité des entreprises au centre de son intervention.
« La peur de perdre le client, ce n’est pas la bonne peur. La peur qu’on doit avoir, c’est la peur de perdre notre entreprise », a-t-elle déclaré. Selon le compte rendu, son discours a été salué par une ovation debout. Christophe Raucaz, président de la FFPV, a remercié les participants d’avoir entendu ce message de valorisation.
Des trésoreries sous pression
Giovanni Varelli, pépiniériste dans le Vaucluse et président de Vitipep’s, marque collective de valorisation des plants français, décrit les mêmes tensions. Il estime que la peur de la concurrence et de la réaction des clients freine les hausses de prix depuis 30 ans.
Son intervention met notamment en avant le manque de fonds de roulement et les répercussions de la crise viticole sur les pépinières. Il s’agit d’un appel à revaloriser les prix, et non de l’annonce d’un tarif de vente commun à l’ensemble de la profession. Le texte ne précise ni montant ni calendrier pour une hausse générale des plants.
Des redevances relevées chez Vitipep’s
Le compte rendu fait en revanche état de décisions concernant les redevances de Vitipep’s. Son conseil d’administration a validé une hausse d’un centime de la redevance par plant de vigne commercialisé sous marque. Il a également décidé d’instaurer une redevance de 6 € pour 1 000 mètres de porte-greffes, ainsi qu’une redevance de 1 € pour 1 000 greffons. Les mesures ont été entérinées au congrès à la quasi-unanimité.
Pour Giovanni Varelli, la démarche doit aussi passer par une meilleure explication de la valeur des plants français auprès des viticulteurs : savoir-faire, sérieux de la production, qualité sanitaire et physique. Le partenariat avec les Vignerons indépendants de France est présenté comme un levier de sensibilisation. Le compte rendu souligne enfin l’importance de bien encadrer les contrats pour éviter de supporter des impayés ou des frais de remise en culture.
Source : www.vitisphere.com



