Pour Karlos Arguiñano, la viande se sale en fin de cuisson, tandis que le poisson s’assaisonne avant de cuire. Cette règle, rapportée par le site gastronomique espagnol Directo al Paladar, donne un repère simple pour les repas du quotidien, mais elle mérite une nuance : le moment du salage ne suffit pas, à lui seul, à garantir une chair moelleuse.
Deux moments différents, plutôt qu’un minutage exact
Le chef basque expose cette approche dans son livre El menú de cada día. Pour la viande, il recommande d’attendre la fin de la cuisson afin de limiter, selon lui, la perte de liquides. Pour le poisson, il conseille au contraire de mettre le sel avant de commencer à cuisiner.
Il ne s’agit donc pas d’une consigne à la seconde près. Le repère à retenir est une étape de préparation : lorsque la viande arrive au terme de sa cuisson, ou lorsque le poisson est prêt à rejoindre la poêle ou le four.
Cette distinction permet surtout d’éviter un geste automatique : saler tous les aliments au même moment, sans tenir compte de la recette ni de leur texture.
Pour la viande, Arguiñano privilégie le salage final
Dans la méthode rapportée par Directo al Paladar, le chef applique ce principe à des viandes variées : poulet, porc, agneau ou bœuf. Qu’elles soient poêlées, grillées ou rôties, il privilégie un assaisonnement tardif.
Son objectif est de préserver le jus. Il considère qu’un salage effectué trop tôt peut favoriser la sortie de liquides et contribuer à une texture sèche. Pour suivre son conseil, vous préparez donc votre viande sans sel, puis vous l’assaisonnez lorsqu’elle est presque prête.
Sur un steak ou une escalope, le geste reste facile à intégrer. Pour une pièce rôtie, cette méthode correspond surtout à un assaisonnement de surface en fin de cuisson : elle ne garantit pas que le sel se répartisse jusqu’au cœur d’un morceau épais.
Le geste pratique à la poêle
- Préparez la viande selon votre recette, sans ajouter de sel au départ.
- Faites-la cuire en la retournant lorsque c’est nécessaire.
- Lorsqu’elle arrive au terme de sa cuisson, salez légèrement les surfaces accessibles.
- Servez avec les accompagnements prévus, en tenant compte du sel déjà présent dans la sauce.
Pour le poulet, le salage final ne change rien à l’exigence de cuisson à cœur. Une surface bien dorée ne suffit pas à vérifier que l’intérieur est correctement cuit ; un thermomètre de cuisine peut vous aider à contrôler la cuisson.
Ce que ce conseil ne garantit pas
Saler à la fin ne compense pas une cuisson excessive. Une viande laissée trop longtemps sur le feu peut devenir sèche, même si vous avez attendu pour l’assaisonner.
À l’inverse, il serait trop catégorique d’affirmer que toute viande salée avant cuisson perd nécessairement son moelleux. Le résultat dépend notamment de la durée de contact avec le sel, de la quantité utilisée, de l’épaisseur du morceau et de la cuisson. Le conseil d’Arguiñano est une méthode culinaire, pas une règle universelle excluant toutes les autres.
Pour le poisson, salez avant de lancer la cuisson
Avec le poisson, le chef inverse le calendrier. Il recommande de saler avant la cuisson, qu’il s’agisse de filets ou d’un poisson entier destiné au four.
Dans une préparation courante, vous pouvez retenir ce geste simple : assaisonnez le poisson au moment où vous êtes prêt à le cuire. La source ne donne pas de durée d’attente précise ; inutile d’en déduire qu’il faudrait le laisser longtemps sous une couche de sel.
Pour une dorade entière, par exemple, répartissez légèrement le sel à l’intérieur et à l’extérieur avant de l’enfourner. Pour un filet de cabillaud, assaisonnez les faces accessibles, puis poursuivez la recette.
Cette recommandation concerne un assaisonnement ordinaire. Elle ne doit pas être confondue avec une salaison prolongée, une marinade salée ou une cuisson en croûte de sel, qui suivent leurs propres méthodes.
Évitez les entailles inutiles dans la chair du poisson
Directo al Paladar rapporte aussi un autre conseil d’Arguiñano : conserver les filets et les dos de poisson aussi intacts que possible. Selon le chef, les incisions inutiles peuvent favoriser la perte d’humidité pendant la cuisson.
Dans la pratique, vous n’avez donc pas besoin de quadriller la chair pour appliquer son conseil de salage. Manipulez les morceaux avec douceur et limitez les découpes qui ne servent pas à la préparation.
Là encore, la durée de cuisson reste essentielle. Un poisson salé au bon moment peut tout de même devenir sec s’il reste trop longtemps au four ou à la poêle.
La quantité compte autant que le moment
La méthode d’Arguiñano indique quand saler, mais la source ne fournit pas de dosage universel. Mieux vaut donc commencer avec une quantité modérée, adaptée à votre recette, plutôt que chercher à compenser un assaisonnement tardif par davantage de sel.
Pensez également à l’ensemble de l’assiette. Une sauce, un bouillon ou un accompagnement déjà salé peut suffire à équilibrer une viande ou un poisson peu assaisonné.
Le choix entre sel fin et fleur de sel vient ensuite. Pour mettre cette méthode en pratique, aucun sel particulier ni matériel spécifique n’est nécessaire : l’essentiel est de modifier le moment du geste, sans multiplier les ajouts.
Ce qu’il faut retenir
- Viande : selon Arguiñano, ajoutez le sel en fin de cuisson.
- Poisson : salez avant de cuire, sans déduire de ce conseil un long temps d’attente.
- Évitez les entailles inutiles dans les filets et les dos de poisson.
- Surveillez surtout la cuisson et dosez avec mesure : le bon timing ne garantit pas, à lui seul, un résultat juteux.






